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- Révolte des Canuts - XIXe siècle -
L’histoire socio-économique de Lyon est celle d’une ville qui, depuis l’Antiquité, combine position de carrefour, dynamisme commercial et spécialisations industrielles fortes, avec des phases d’essor (Renaissance, XIXᵉ siècle) et de profondes transformations (désindustrialisation, tertiarisation) au XXᵉ–XXIᵉ siècle.
Des origines à la Renaissance : carrefour gallo-romain puis place commerciale européenne. Fondée en 43 av. J.-C. sous le nom de Lugdunum, Lyon est d’emblée une colonie romaine stratégique « au carrefour des Gaules », avec un rôle politique et économique majeur dans l’organisation du territoire.
Au Moyen Âge, l’activité reste longtemps locale, mais à partir du XVᵉ siècle, la ville bénéficie de foires royales privilégiées qui attirent banquiers italiens (notamment florentins) et marchands de toute l’Europe. Ces foires, combinées au commerce de produits de luxe (soie, métaux, etc.), font de Lyon l’une des grandes places commerciales et bancaires d’Occident, comparable à Florence, Anvers ou Séville. La soierie s’implante progressivement et devient un pilier de l’économie, tandis que l’imprimerie se développe fortement au XVIᵉ siècle, contribuant aussi au rayonnement culturel de la ville.
XIXᵉ siècle : âge d’or industriel et tensions sociales. Lyon vit un nouvel « âge d’or » économique, porté par la soierie qui représente alors le premier poste des exportations françaises. Cette prospérité s’accompagne d’une forte expansion urbaine : création de quartiers bourgeois pour les élites, et croissance d’une importante population ouvrière liée à l’industrie textile et aux activités connexes. Sur le plan social, Lyon est une ville républicaine, anticléricale et souvent contestataire : les canuts (ouvriers de la soie) mènent plusieurs révoltes célèbres (1831, 1834), qui marquent l’histoire du mouvement ouvrier français. Parallèlement à la soie, d’autres secteurs émergent : chimie, électricité, automobile, et de nombreuses entreprises artisanales passent à l’échelle industrielle entre 1890 et 1930. Sur le plan financier, Lyon reste une place financière de premier ordre en France, illustrée par la création du Crédit lyonnais en 1863.
XXᵉ–XXIᵉ siècles : désindustrialisation, tertiarisation et métropolisation. Comme la plupart des grandes villes françaises, Lyon est touchée par la désindustrialisation et la tertiarisation de l’économie à partir des années 1960–1970. La part des emplois industriels chute fortement : environ 30% des emplois en 1975, contre seulement 7% dans le secteur manufacturier en 2013. Cette mutation économique s’accompagne d’une transformation profonde de la société lyonnaise :
Démographiquement, la ville perd des habitants au profit de sa banlieue entre 1962 (535.000 habitants) et 1990 (416.000), puis retrouve une dynamique de densification et de croissance après les années 1990, dépassant à nouveau les 500.000 habitants en 2013. Aujourd’hui, Lyon est une métropole de services qualifiés, avec une économie diversifiée (services, technologies, industries de pointe, image, etc.) et un PIB métropolitain de 89 milliards d’euros en 2023, la plaçant au 2ᵉ rang français derrière Paris.