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- Maison Dognin Villeurbanne - 1913 - AMV Le Rize -
L’aventure industrielle dans l’identité de l’agglomération lyonnaise a une place essentielle. Dès la Renaissance, Lyon s’impose par son poids économique. La ville n’a pas de parlement et la noblesse est peu nombreuse. Le rôle de l’économie s’affirme encore plus avec la révolution industrielle au XIXe siècle. La ville bourgeoise s’est vraiment construite autour de la fonction économique.
Une autre particularité de Lyon est le caractère polyvalent de ses activités. Contrairement à beaucoup de villes dépendant d’une seule activité économique qui les fragilise, Lyon a eu la capacité de toujours rebondir d’une activité à une autre : de la soierie à la chimie, la construction mécanique puis à l’automobile… C’est une force et un marqueur de l’histoire à la fois économique mais aussi sociale. La société témoigne de cette activité économique, que ce soit au travers ses élites patronales ou sa forte population ouvrière.
Lyon a été l’une des grandes capitales industrielles et scientifiques de la France, d’abord grâce à la soie et à ses inventions (métier Jacquard), puis par la diversification vers la chimie, la mécanique, l’automobile et, plus récemment, les biotechnologies et la santé.
La soierie génèrera d’importantes richesses et fera de Lyon un moteur économique national ; sous le Second Empire, c’est la plus puissante industrie exportatrice française. Les bénéfices des soyeux sont réinvestis dans d’autres secteurs : chimie (colorants, apprêts), mécanique (construction de métiers), banque, etc., amorçant une diversification industrielle. Mais la Fabriquesera aussi un terrain d’avant-garde des conflits sociaux, avec les révoltes des canuts dans la première moitié du XIXe siècle.
À partir du XIXe siècle, l’industrie lyonnaise ne se limite plus au textile : la métallurgie et la mécanique s’affirment, notamment à l’est de Lyon et à Villeurbanne, pour construire des métiers à tisser, des machines textiles et d’autres équipements. La chimie se développe autour des colorants, produits d’apprêt, puis des fibres artificielles (ex. Rhodiaceta), et s’implante fortement au sud de Lyon, notamment à Gerland.
Au XXe siècle, Lyon devient un pôle important pour la construction de véhicules et les transports (plus de 200 constructeurs), ainsi que pour la pharmacie et la chimie fine.
Sur le plan scientifique, Lyon combine une longue tradition universitaire et des pôles de recherche de rang mondial : la ville dispose d’une université ancienne et, au XXe siècle, développe de grands établissements d’enseignement supérieur et de recherche (écoles d’ingénieurs, facultés de sciences, de médecine, etc.).
En cancérologie, l’implantation du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) en 1965 marque un tournant ; à partir des années 2000, avec le plan cancer, la cancérologie devient la première force scientifique lyonnaise. Entre 2007 et 2015, la cancérologie représente environ 60% des publications scientifiques lyonnaises, soit 13,1% de toutes les publications produites sur le territoire national dans ce domaine.
Plus largement, Lyon s’impose comme l’un des principaux centres européens pour la banque, la pharmacie, la chimie et les biotechnologies, avec de nombreux laboratoires publics et privés.
À partir de la seconde moitié du XXe siècle, la soierie traditionnelle recule face à la concurrence internationale et aux changements de modes de consommation, mais l’agglomération se reconvertit. Le tissu industriel se transforme : fermeture ou mutation de nombreux sites textiles, développement de hautes technologies, services et industries créatives. Lyon devient un pôle important de l’« industrie de l’image » (cinéma, animation, effets visuels, jeux vidéo), prolongeant une tradition technique et créative.
Les biotechnologies, la santé et les sciences du vivant constituent aujourd’hui un axe majeur, en lien avec les hôpitaux universitaires, le CIRC et de nombreuses startups.

- Extrait catalogue Berliet 1907 -