Vous êtes ici : HISTOIRE > Zoom sur les Sciences > La Chimie
L’histoire de la chimie à Lyon commence véritablement au XIXᵉ siècle, dans le prolongement de l’industrie de la soie. Les fabricants lyonnais avaient besoin de produits pour blanchir, teindre et apprêter les textiles : la chimie s’est donc développée comme une activité auxiliaire du secteur textile. Dès la Renaissance, Lyon était déjà un centre européen important pour le tissage, l’impression et la coloration des étoffes.
Au début du XIXᵉ siècle, plusieurs innovations marquent la région :

- Portrait d'Emile_Guimet_(1836-1918) -
En 1859, le chimiste lyonnais François-Emmanuel Verguin découvre la fuchsine, un colorant rouge violacé obtenu à partir de dérivés de l’aniline. Cette découverte répond directement aux besoins de l’industrie de la soie et contribue à faire de Lyon un centre majeur de la chimie des colorants. Elle favorise aussi le développement de la chimie pharmaceutique, des arômes et des fibres synthétiques.
À la fin du XIXᵉ siècle, d’autres entreprises s’installent dans le couloir industriel du Rhône. La société Monnet-Dury, fondée en 1872, devient ensuite Gilliard-Monnet et Cartier, puis la Société chimique des usines du Rhône en 1895. Cette entreprise donnera naissance à Rhône-Poulenc, l’un des grands noms de la chimie française.
Le développement industriel s’accompagne de la création d’un enseignement spécialisé. En 1883 est fondée l’École supérieure de chimie industrielle de Lyon, avec le soutien de la Ville de Lyon et du Conseil général du Rhône. Elle forme des ingénieurs destinés aux industries des colorants, des textiles, de la pharmacie et de la chimie lourde.
Cette tradition se prolongera notamment avec l’École supérieure de chimie physique électronique de Lyon, aujourd’hui intégrée à l’Université de Lyon.
Au début du XXᵉ siècle, la chimie lyonnaise se diversifie :
En 1928, la création de Rhône-Poulenc marque une nouvelle étape dans la concentration industrielle. Le groupe produit notamment des substances pharmaceutiques, des colorants, des textiles artificiels et, plus tard, des matériaux synthétiques.
Après la Seconde Guerre mondiale, les Trente Glorieuses entraînent une forte croissance de la vallée de la chimie. Les installations s’étendent le long du Rhône, de Pierre-Bénite et Saint-Fons jusqu’à Feyzin et au sud de l’agglomération lyonnaise.
La catastrophe de la raffinerie de Feyzin, en 1966, constitue un tournant majeur : une fuite de gaz provoque une explosion et fait 18 morts. Cet accident renforce les exigences de sécurité et la réglementation industrielle.
À partir de la fin du XXᵉ siècle, la chimie lyonnaise évolue vers des secteurs à plus forte valeur ajoutée : pharmacie, chimie fine, matériaux avancés, biotechnologies et molécules biosourcées.
La vallée de la chimie reste un territoire industriel majeur au sud de Lyon. Elle regroupe des activités de recherche, de production et de logistique autour de la chimie, de l’énergie, de la pharmacie et des matériaux. Son histoire est désormais associée à un double enjeu : préserver l’emploi et les compétences industrielles tout en réduisant les émissions, les risques et les nuisances environnementales.
En résumé, la chimie lyonnaise est née de la rencontre entre la tradition de la soie, les besoins en colorants et l’accès au Rhône et aux matières premières. De Perrache à Saint-Fons, puis à l’ensemble de la vallée du Rhône, elle a contribué à faire de Lyon l’un des berceaux historiques de la chimie industrielle française.